Dans un monde sans sucre ni gluten, régenté par une brigade sanitaire invisible mais omni présente, elles se plaignent, ne se supportent pas, se haïssent avec méchanceté… et finissent, assises sur leur chaise, par avoir « la nostalgie des blattes ».
Obligées de « faire l’article pour attirer le client » dans ce qui pourrait être un éco-musée du vieux ou une foire aux monstres, elles exposent leurs flétrissures physiques à qui voudra bien les tâter. Mais personne ne vient. Il faudra attendre dans la rivalité et se supporter.
L’auteur, avec une écriture scalpel, va au fond des choses avec acuité et verdeur, humour et sensibilité. Jamais au théâtre, on a abordé avec autant de liberté le rapport d’une société avec son vieillissement. Tout y est, les naufrages physiques du grand âge, la maladie, la nostalgie, le tsunami des émotions, la déliquescence des liens sociaux ou familiaux. Mais le spectacle nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour se révolter face à une situation inéluctable qu’on voudrait édulcorer, cacher, balayer sous le tapis.
« La vie trouve toujours une sortie. »
Une mise en scène d’Eric Leblanc, Interprétée par Dianne van den Eijnden et Céline Rouillard, sur un texte de Pierre Notte.